Un documentaire de Laureline Amanieux et Luca Chiari (55mn)
Produit par Cinétévé (2012)
Diffuseur : FRANCE 5, dans le cadre de la collection Empreintes
Vedette de la Littérature, couronnée par de nombreux prix, Amélie Nothomb est un phénomène. A la source de sa personnalité et de son écriture, un pays, le Japon. Ce film est le tout premier à retracer son histoire.
Avec simplicité et humour, loin des apparences d’excentricité ou de mégalomanie, Amélie nous emmène dans un voyage intime, au plus près de ses souvenirs, à l’écoute de ses battements de cœur, à la recherche des personnages de son passé, en particulier sa gouvernante Nishio-san qu’elle considère comme sa 2e maman, qui inspirent ses romans consacrés au Japon, parmi lesquels Métaphysique des tubes, Stupeur et tremblements, et Ni d’Eve ni d’Adam.
Amélie s’est longtemps crue japonaise, dans le paradis d’un Japon traditionnel (Kobé, Kyoto). Fille d’un diplomate, elle quitte l’archipel à l’âge de cinq ans ; c’est un arrachement. Ses déménagements successifs et une agression sexuelle vécue dans la mer au Bengladesh, lui donnent une certitude : « la seule chose stable dans ma vie, où je perdais tout continuellement, c’était le langage ».
Langage qui la reconstruit, en partie, après des années d’anorexie à l’adolescence, quand elle découvre l’écriture littéraire à 17 ans, et son rituel d’auteur digne d’une cérémonie de thé japonaise. A l’époque installée en Belgique, Amélie ne s’intègre pas, ce qui renforce son sentiment « d’être japonaise, et qu’il suffirait de retourner là-bas pour que tout soit sauvé ».
Revenue au Japon à 21 ans, elle y trouve son rythme d’écriture et se fiance à un Japonais. Mais elle subit une descente aux Enfers professionnelle, en travaillant dans une entreprise comme traductrice. Elle repart alors en Europe, où elle trace son destin d’écrivain à succès, dès Hygiène de l’assassin en 1992. Ne se définissant ni comme Belge, ni comme Japonaise, elle déclare se sentir « apatride », comme « entre deux eaux ». Grâce à ce documentaire, elle a vécu ses retrouvailles avec le Japon, après 17 années d’absence, comme une réconciliation, lui apportant un sentiment de réalité.
Presse : Ce documentaire a reçu des critiques positives de nombreux médias, dont la revue L’Hebdo, le journal Le Monde et de Télérama. Il est disponible en DVD dans les Médiathèques de France.
Le mot de l’autrice : « Il s’agit de mon tout premier film : j’ai apporté l’idée originale, le scénario, une participation à la réalisation et l’exclusivité accordée par Amélie Nothomb, à qui j’avais consacré ma thèse de doctorat en Lettres Modernes, la toute première aussi en France dédiée à son oeuvre. Dans ce documentaire, la romancière m’accompagne en tournage d’un Japon poétique à un Tokyo frénétique, jusque dans la région ravagée de Fukushima, un an après la triple catastrophe. Plus que jamais, elle a accepté d’ôter tout artifice, masque ou chapeau protecteur, pour révéler l’intime. C’est notamment dans un entretien que je conduis pour ce film, qu’Amélie se confie de vive voix sur l’agression sexuelle qu’elle a subie au Bengladesh petite fille, après l’avoir raconté par écrit en 2004 dans son roman Biographie de la Faim. Je conserve de l’ensemble de ce voyage des souvenirs bouleversants qu’Amélie a raconté également dans un roman paru en 2013, La Nostalgie heureuse« .
